La valse

 

Il y a la confiance ;

la main qui s'efface, chaste, dans la main de l'homme,

et l'homme qui regarde, coi, la femme tenant sa main dans la sienne ;

et là, ils dansent. Leurs yeux certes absents

se rejoignent, malgré leur cécité morale.

Et là, le spectateur se cache et les observe, imaginant,

mettant des mots sur cette danse,

mettant des lois, des évidences,

banales idées, normales aisances,

qui tiennent la chance, la chance qu'on a

de se moquer des pas

qu'on ne comprend pas.

Et on les voit bouger,

peut-être aimer ce mouvement,

s'aimer peut-être, et se revoir,

un jour peut-être, ou peut-être une nuit.

La valse tort, le val - de leur moral - se tort

la valse sort

[de l'ordinaire,

et on la sait mouvante, quelle émouvante

[éternité.

(merci, monsieur Claudel ;

votre sculpture fige,

éternelle,

une mémoire : objet prodige.)

 

Gabriel Zachsarowsky

Tous droits réservés

Date de dernière mise à jour : 05/03/2013

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