Dans ce musical été

Poème inspiré par L'été de Vivaldi joué par David Garrett. 


 

Ça commence par une ombre

Un chemin de terre sombre

Un coureur si maladroit

Qu’il y tombe à chaque pas.

Puis notre homme croise un chêne

Qui de la chaleur prit la haine

Dans ses vastes branches sèches

Sur sa noire écorce rêche.

Le froid de la lumière s’évapore

Notre animal perd le nord

Pour lui tout n’est que vertiges

Quand la nature ainsi se fige.

Il s’abandonne à la poussière

Et retourne à cet état fier

L’échappement d’un tourbillon ;

Loin de lui frappent les sons.

Son lourd mandibule griffe le sol

Libérateur est cet alcool

Qui laisse choir les instruments

Quand l’atmosphère amère se tend.

Une aigreur transperça l’onde

Et le bleu lança des frondes

À son doigt cet homme d’un anneau

Scella un fait qui sonna faux.

La folie se fait attendre

En ce sommeil qui vient pourfendre

La puissance âcre et la douceur

Le bien qui crie, le mal en pleurs.

À coups de nœuds dans l’air futile

Le sang y semble bien docile

Car en rainures il est acteur

D’un bras d’étain beau façonneur.

Et nous sommes dans un désert

Et la seule vie est à terre

Mais dans un calme somptueux

Sans grain de rage dans les yeux.

Le jour s’achève, il doit lever

Le tronc coi du chêne sage

Son anneau d’or bleu enragé

Et ses idées, son paquetage,

Mais tout restera posé

Tout doit rester accroché

Tout doit dormir, tableau parfait

Dans ce musical été.

(merci, messieurs Garrett et Vivaldi.)

 

Gabriel Zachsarowsky

Tous droits réservés

Date de dernière mise à jour : 16/02/2013

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