Ensemble nous l'avons franchi...

Je ne me souviens que d’un mur immense, et nous l’avons franchi, ensemble nous l’avons franchi, souviens-toi…

Cette mélodie me vient subitement, magnifique illustration de mes souvenirs de la veille. Mais en guise de mur, c’est une falaise que nous avons franchie. Nous étions deux, bien résolus à en atteindre le sommet et à accomplir ce pourquoi nous étions là. Je ne me rappelle que de mon obstination à grimper, encore et encore. Je ne sais même plus pourquoi je grimpais.

Et me voilà suspendu je ne sais où, par je ne sais qui, à je ne sais quoi. J’ouvre les yeux, prêt à tout.

Et nous l’avons franchi…

La première chose que je vois en ouvrant les yeux sont mes mains, tenant fermement une corde de fer rouillée. Le métal me rentre peu à peu dans la peau ; je dois être là depuis des heures déjà. Je baisse les yeux, bien déterminé à savoir où je suis.

Au-dessus de la mer. Je suis au-dessus de la mer. Plus précisément au-dessus d’un groupement de rochers dans un creux de la falaise.

La corde relie les deux extrémités des pointes du creux. Avec un peu de chance, je pourrai m’échapper : je connais une grotte sous l’un deux, et qui mène à l’autre bout de l’île. J’essaie de rejoindre cette extrémité. Lentement au début, puis avec plus d’assurance.

Je ne me souviens que d’un mur immense…

Arrivé au bout, je me hisse sur la corde. Du moins, je le tente. Quand on est relié à une corde par des chaînes, on s’en sort moins bien. Puis j’aperçois la grotte. Puis j’aperçois un garde. Et là, avec une force inhabituelle, je détache mes chaînes. Puis je saisis le garde, et nous tombons, lentement.

Ensemble nous l’avons franchi, souviens-toi…


Date de dernière mise à jour : 01/03/2013

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