Perdu

La pluie, froide et forte, coule dans mon dos et frappe ma nuque. Je suis allongé sur le ventre, au beau milieu d'un chemin boueux, au beau milieu de la nuit, à en croire la couleur du ciel, bleu foncé, à peine éclairé par une lune cachée derrière des nuages sombres. Je regarde ma montre. Onze heures du soir.

Le tout est de savoir pourquoi et comment je me suis retrouvé là. Je ne me souviens que d'un bâtiment que je quittai pour m'engager dans cet étroit passage ; un homme, derrière moi, me criait quelque chose dont je ne me rappelle plus. Il avait dans sa voix un ton inquiétant mais je me suis retourné. Je ne pus qu'entrapercevoir un colosse habillé de noir. Puis... plus rien. Peut-être m'avait-on assommé.

Je tente, péniblement, de me lever, les bras lourds, quand un détail attire mon attention. Un bâton conséquent en bois clair. Parsemé de gouttes de sang. Je tâte mon cou. Je saigne. On m'aura assommé avec le bâton, et des échardes seront rentrées dans ma peau.

Je me lève. Pris de vertiges, je décide de m'asseoir sur un banc du chemin. Je réfléchis. Que faire ? Je pourrais appeler la police ... mais ... mon téléphone portable a disparu ! Quel est cet endroit, au fait ? Je sors du sentier pour demander de l'aide. Je ne connais pas cette rue. Je ne connais pas ces bâtiments. Je ne connais pas cette ville. Où suis-je ? Je veux pleurer mais je me reprends : des adultes marchent dans ma direction. Qui sont-ils ? J'ai peur, mais, trop fatigué, je reste immobile ... attendant ... attendant ... ils crient : "Vincent ! Vincent !" ... ils doivent me prendre pour quelqu'un d'autre. Je leur réponds que je ne m'appelle pas Vincent. Tiens ... c'est vrai, ça ; quel est mon nom ?

Ils me crient qu'ils sont mes parents. Mais je ne les connais pas ! Ils arrivent à me convaincre de monter dans leur voiture : réticent, ils me disent que je suis pâlot, qu'ils vont me donner à manger. J'ai faim, j'obéis. Arrivés devant une maison assez grande que je n'ai jamais vue, ils me disent d'y entrer. J'entre. Un petit garçon, sept ans tout au plus, vient vers moi en courant. "Vincent ! Tu es revenu !". Je lui réponds que oui, je suis revenu. Je n'aime pas être démagogique, mais je peux faire exception. L'air satisfait, il s'en va. Puis je passe à table. J'ai bon appétit. Repu, je m'endors assez vite, dans une chambre censée être la mienne.

À mon réveil, un médecin entre dans la chambre que j'occupe. Après m'avoir examiné, il chuchote quelque chose aux gens qui se disent être mes parents. J'entends "amnésique". Serais-je amnésique ?

Je tombe du lit.

La sonnerie de mon radio-réveil se met en route. Je me réveille : retour à la réalité. Fort heureusement, ce n'était qu'un rêve.

 


Gabriel Zachsarowsky

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Date de dernière mise à jour : 10/08/2012

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