Elohim, Chapitre 8

Et donc Julenmi était chef des opposants à la modernisation, mais pas pour la même raison avancée par ceux-ci. Il savait que les êtres étranges n’étaient pas de simples personnes, mais bien les Elohim. Il savait qu’ils avaient pris la décision de mettre leur menace à exécution. Le tout était de savoir inverser la tendance générale de l’Union, et vite,  car dorénavant les Elohim pouvaient faire sauter la planète n’importe quand : l’Union avait désobéi dès le premier mois.

 

Leur pays avait un pied dans la tombe et il fallait l’en sortir. Il allait vers sa chute, et les Elohim pouvaient l’accélérer à quelque moment que ce soit si les membres du Netneus n’agissaient pas.

Or les membres du Netneus n’agissaient pas. Ou plutôt, n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la manière d’agir, et, pire, ne s’écoutaient pas. À chaque idée formulée, une autre était énoncée encore plus fort. Dès la première réunion, Julenmi était désespéré et était sur le point de crier pour faire taire ces gens, mais il n’eut pas besoin de le faire, car ils se turent soudainement d’eux-mêmes. Ils s’étaient mis d’accord. Sauf qu’il y avait un problème.

Ils voulaient fomenter un coup d’état violent. Ils voulaient se battre. Et s’il y avait bien une chose que Julenmi ne voulait pas, c’était la violence. Il protesta contre cette idée, mais on le repoussa. Les membres du Netneus voulaient la violence, et ils n’étaient pas près d’y renoncer. Très bien. Julenmi partirait. Il irait prévenir Dekkvin IV.

 

Julenmi trouva le souverain marchant sur la rue principale, accompagné de deux gardes du corps. Le garçon s’avança vers lui quand l’un des gardes l’arrêta. « Laissez, c’est Julenmi », dit le monarque d’un ton jovial. Puis, ayant remarqué l’air grave du garçon : « Laissez-nous seuls, voulez-vous ? ».


« Alors, mon garçon, quelle nouvelle sérieuse t’amène ?

-          Les opposants à la modernisation ont formé un mouvement, le Netneus.

-          Jusque là, rien de très grave. Mais ?

-          Ils veulent vous renverser. Très violemment. Et vite. »


Jamais personne n’avait contesté le gouvernement au point de vouloir le faire tomber. Par conséquent, personne n’avait fait tomber le gouvernement. Par conséquent, rien n’avait été prévu pour y faire face. Le roi avait bien des soldats, des gardes, des canons. Mais il ne voulait pas tuer – ni même blesser – ses sujets, fussent-ils violents envers lui.

Il devait prendre une décision, et vite. Soit il perdait son pouvoir, laissant l’Union à une vingtaine de personnes qui n’avait jamais gouverné ne fut-ce qu’une minuscule entreprise … soit il emprisonnait ces gens. La première solution n’était pas très favorable ; la deuxième lui plaisait mieux, mais avait un inconvénient de taille : la volonté de ces gens était forte : il devrait utiliser les armes. Et il s’y refusait.


« Que faire, Julenmi, que faire ?

-          Je ne sais pas, mais voyant ce qui s’annonce … à votre place, je le ferais vite. »


Chapitre 7  Chapitre 9

Date de dernière mise à jour : 01/09/2012

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