Elohim, Chapitre 5

« Une simple charrue », dit-il tout bas sans se retourner. « J’ai été surpris par le bruit de fonctionnement d’une charrue ». Quand un détail le frappa. « Quel paysan laboure ses champs au milieu de la nuit ? ».

Assurément, ce n’était pas un bruit de labour.


Julenmi se retourna. Il ne voyait pas grand-chose en raison de l’épais brouillard, mais il put distinguer des hommes s’affairer autour de ce qui semblait être un moulin. Or, il était au centre de l’île, et le seul moulin de l’île se situait près de la mer. Le garçon était curieux mais raisonnable et ne voulait pas s’immiscer dans les affaires des autres, mais il décida de jeter un œil à ce qui se passait dans le champ.

Le temple Reyora était situé sur une colline recouverte d’une épaisse forêt, dans laquelle Julenmi s’engagea pour épier discrètement l’affaire.

Il y avait six hommes en tout : cinq soldats et un homme dont on ne pouvait déterminer quoi que soit, car son corps entier sauf ses yeux, brillants d’excitation, était masqué par un manteau de cuir noir.

Quatre des soldats creusaient le sol, l’autre regardait un parchemin et aboyait des ordres quand quelque chose ne lui semblait pas en ordre. Julenmi ne pouvait pas saisir tout ce qu’il disait, mais il put toutefois entendre des bribes de phrases : « Dépêchez-vous, (…) faut creuser (…) puis cacher (…) vite ».


Quelque chose de mauvais se tramait.

Les hommes autour du trou n’avaient pas l’air d’être du même avis que Julenmi, car ils travaillaient avec acharnement, et l’homme masqué regardait ce travail avec encore plus d’excitation à chaque coup de pelle ou de pioche.

Le garçon attendit encore dix, quinze, vingt minutes. Il commençait à avoir froid et allait sortir sa veste de son sac quand il sursauta. Un bruit de jaillissement. Des éclaboussures partout. L’homme au manteau se frottait les mains. Les soldats félicités.

Julenmi ne voulait pas en savoir plus. Il savait qu’il avait été témoin d’une chose mauvaise, et préféra donc partir avant de voir autre chose. Il courut chez lui apeuré à l’idée que l’un des hommes l’ait vu. Quand sa nourrice – il n’avait plus de mère non plus – lui demanda ce qui lui était arrivé de terrifiant, il prétexta qu’un loup l’avait poursuivi.

 

Le lendemain, dès son lever, Julenmi put constater, non sans étonnement, le résultat des travaux officieux de la nuit précédente.


 

Chapitre 4  Chapitre 6


Date de dernière mise à jour : 01/09/2012

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