Elohim, Chapitre 4

Il était à nouveau devant la foule. Il la parcourut du regard, d'un regard pétillant, confiant, serein. Il les regardait comme on regarde une foule d'écoliers sages.

Subitement, il entra dans une fureur fulgurante et passa brusquement un poignard au travers du corps de Lodwig II.

« Bien, nous pouvons partir. »

 

L’action de l’homme jeta un froid sur l’assemblée. Qui était-il pour commettre un crime pareil ? D’où venait-il ? Il avait mentionné la Terre. Ses paroles leur revinrent en mémoire. « Si l’un de vos dirigeants désobéissait, nous le saurions et n’hésiterons pas à le tuer ». Qu’avait donc fait Lodwig II ? Il avait vraisemblablement désobéi à une des règles des mystérieux visiteurs.

Pendant que les habitants se posaient ces questions, les navettes brillantes s’appliquaient à leur décollage comme elles avaient orchestré leur atterrissage : sans bruit, sans trace. Rien ne restait de ces véhicules. Pas une marque dans le sol, pas une trace de pas, pas un soupçon de leur venue.

Juste le corps inanimé de leur vieux roi. Dekkvin IV gouvernerait alors seul jusqu’à la majorité du fils du défunt, Julenmi, pour le moment effondré par la disparition tragique de son père.

Dekkvin IV gouvernerait seul… et aurait tous les pouvoirs. La majorité des habitants commença à fonder des accusations contre ce nouveau monarque absolu.

Selon certains, il aurait secrètement fabriqué ces navettes et embauché des gens pour une forte somme afin de jouer cette scène. Selon d’autres, il aurait conversé avec des gens venus d’un autre monde sans en informer la population, et les aurait retournés contre Lodwig II, qu’il aurait fait passer pour un être mauvais au point de le tuer.

Les conversations allaient bon train sur le sujet, et il ne passait pas une heure sans que quelqu’un fondât une nouvelle théorie douteuse sur le sujet.

 

Les rumeurs s’éteignirent au bout d’une semaine, et plus personne ne pensait à la scène tragique et mystérieuse vécue par tous. Plus personne à part Julenmi. Tous les soirs, le garçon allait seul jusqu’au temple Reyora, tombeau de tous les rois de la dynastie familiale depuis sa fondation.

Il marchait lentement, un sac sur les épaules, la mine flapie, sur le chemin rocailleux qui menait au bâtiment. Il passait ensuite une minute devant la porte en bois cernée de deux colonnes de granit, les mains jointes, avant d’entrer et de parcourir l’allée des tombes jusqu’à celle où son père reposait.

Il sortait alors une pierre et une fleur de son sac, plaçait la fleur sur le côté gauche de la tombe, la bloquait avec la pierre car les vents étaient forts et les fenêtres du mausolée avaient disparu depuis longtemps.

Après avoir rendu hommage à son père, Julenmi revenait sur ses pas et parcourait à nouveau le chemin seul.

Un soir, le vent soufflait plus que de coutume, et un orage se préparait. Julenmi était encore plus triste qu’en temps normal, car cela faisait un mois que son père était tué. Un mois. Un mois que les êtres étranges étaient venus accomplir leur acte. En pensant à cet instant, le garçon eut un instant de dégoût profond et se mit à pleurer. Dès qu’il eut fini, il s’essuya les yeux de son mouchoir et reprit sa route. Il n’avait pas fait trois pas qu’un bruit suspect l’arrêta.

 

Chapitre 3  Chapitre 5

Date de dernière mise à jour : 01/09/2012

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