Elohim, Chapitre 2

Une douzaine de vaisseaux lumineux, gigantesques et ultramodernes survolait la foule ébahie. Personne n’avait jamais rien vu d’aussi avancé d’un point de vue technologique.

La partie centrale des véhicules, en forme de silhouette d’oiseau certes simplifiée, n’en était pas moins impressionnante ; elle contenait en son centre de gravité un cockpit de verre d’où le conducteur dirigeait les ailes, responsables par leurs mouvements fluides des déplacements de l’ensemble ; celles-ci étaient fines et projetaient le véhicule par un flux laser presqu’invisible.

Les navettes pointèrent leur nez vers le ciel pour descendre verticalement et se poser en douceur autour du pont, dans un silence absolu, sans faire jaillir une seule goutte d’eau du fleuve, sans élever un seul grain de sable des rives.

Tout était superbement agencé, les véhicules étaient magnifiquement maîtrisés.

Dix minutes de silence suivirent l’atterrissage. Tous étaient sans voix. Certains avaient peur, d’autres ne comprenaient rien, d’autres étaient émerveillés. Soudain, un claquement se fit entendre. Puis onze à la suite. Douze claquements nets sortis de nulle part.

Les cockpits s’étaient ouverts hors de la vue des habitants. Qui couvraient-ils jusqu’alors ? La foule jasait, Lodwig II et Dekkvin IV ne réagissaient pas. Avaient-ils deviné ?

Douze êtres apparurent, casque à la main, en costumes et cravate soignés. Le plus imposant tendit son casque à son garde du corps. Alors il s’approcha dignement du centre du pont.

C’était un homme comme eux. Brun, les cheveux courts, les yeux cachés derrière des verres fumés, il prit la parole d’une voix grave. Les onze autres sortirent une arme et se tinrent les bras croisés, immobiles.

-          Mesdames, messieurs… nous avons pris la décision de nous rendre parmi vous pour tout d’abord, vous féliciter de votre union. La guerre est finie, vous êtes heureux que la paix se soit établie. Vous pouvez vivre tranquillement, prospérer, vous développer, vous moderniser. Et justement, c’est ce qui nous inquiète.

Personne ne comprenait où il voulait en venir.

Un deuxième homme, blond mais lui aussi aux cheveux courts, et aux yeux masqués des mêmes verres, se débarrassa de son casque, avant d’ajouter :

-          Les ressources ici ne sont pas inépuisables. Votre modernisation coûtera aux îles et à Gaya. Plus que vous ne pouvez l’imaginer. Ne faites pas les mêmes erreurs que nous.

-          Ne faites pas de Gaya ce que nous avons fait de la Terre, ajouta le premier. Ou il vous en coûtera.

-          Si jamais vous bravez ces lois ...  nous vous ferons tous mourir.

-          Sans épargner qui que ce soit.

-          Gardes, les feuilles, je vous prie ...


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Date de dernière mise à jour : 01/09/2012

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