Elohim, Chapitre 12

Ils l’avaient fait. Allongés dans une caisse à l’arrière du véhicule principal, Aloys et Julenmi pouvaient être fiers. Personne ne soupçonnait leur présence à bord. Ils avaient couru, s’étaient dépêchés d’embarquer et avaient attendu. Le décollage leur avait semblé être un enfer. Qu’ils avaient eu peur ! Ils pouvaient se reposer et décompresser, à présent.

Mais, malgré son calme apparent, Aloys avait peur. Son père était resté tout seul sur Gaya, et il ne savait pas – et d’ailleurs, même les deux garçons l’ignoraient – où ils allaient. Le jeune homme n’avait plus de mère, pas de frères. Son père était seul. Entièrement seul. Qu’allait-il penser ? Qu’allait-il faire ? Aloys eut envie de pleurer, mais il ravala ses larmes.

Et, regardant par le hublot, les garçons s’émerveillèrent. Ils n’avaient jamais vu construction humaine aussi grande et aussi belle que Terre, le vaisseau dont avaient parlé les hommes en costume. Et ils s’y dirigeaient.

 

Les étoiles et les merveilles de l’espace brillaient dans les yeux d’Aloys et de Julenmi, quand la navette vira de bord et se dirigea vers un objet ovoïde minuscule en fer, rouillé et abîmé, qui contrastait violemment avec la beauté resplendissante et l’éclat des lumières de Terre.

Douze portes s’ouvrirent, pour chacune des douze navettes, dans la coque du vaisseau minable et insalubre qu’ils appelaient leur maison. « Nous voici à la maison, les gars ! », avait claironné leur chef dans son appareil de radio lorsque les portes s’ouvrirent.

Le chef s’appelait Trumset, ou, du moins, se faisait appeler comme ça. Julenmi avait trouvé la liste des noms des individus … accompagnés de leur code d’accès à toutes les parties du vaisseau, ainsi que, au dos, du plan du vaisseau. Après avoir considéré que ces informations étaient trop peu sécurisées, il décida néanmoins de garder le document.

 

Les garçons examinèrent la navette et sa salle d’arrivée pour sortir en toute discrétion.

C’était un lieu froid, humide, vide, aux murs sales éclairés d’une lumière blanche qui donnait à Aloys et Julenmi une sensation d’irréalité désagréable et déstabilisante, un vertige et une angoisse mêlés qu’ils avaient du mal à cacher. S’aventurant hors du garage, ils purent constater que le bâtiment entier était éclairé de cette manière.

L’éclairage n’était pas le seul élément angoissant de l’appareil. Le bruit aussi était franchement stressant, et les garçons se demandaient à chaque pas s’il fallait oui ou non continuer à avancer.

 

Depuis deux heures qu’ils y étaient, les parois des couloirs réfléchissaient le même son aigu à une régularité surprenante. Soudain, ce son s’accéléra et s’aiguisa, et, d’une seconde à l’autre, sa fréquence augmentait, sa hauteur se maximisait, pour finalement rendre impossible toute activité cérébrale autre qu’une importante surcharge cognitive. Les garçons s’évanouirent.

Et une feuille vola, et deux individus en costume se regardèrent d’un air de méchante satisfaction.

 

Chapitre 11  Chapitre 13 bientôt disponible !

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