Elohim, Chapitre 10

Un séisme d’une violence inouïe fit s’écraser les stalactites sur le sol, fissura les parois, détruisant l’échelle d’entrée, bloquant Aloys et Julenmi dans la grotte.

Les deux garçons commencèrent par paniquer, car personne n’était au courant de leur situation et les réserves d’eau et de nourriture prévues par Aloys étaient très faibles. Deux jours passèrent pendant lesquels ils mangèrent et burent trop peu.

 

Ils s’affaiblissaient et désespéraient, lorsqu’une seconde secousse fissura le sol de leur grotte, découvrant une nappe phréatique à moitié vide, dans laquelle ils pouvaient s’engager très facilement. Après y avoir bu, ils y plongèrent. La cavité avait une issue assez grande pour s’y engouffrer, mais qui se terminait par une plaque percée de trous. C’était la fontaine de la place publique. C’était risqué pour eux d’apparaître en plein milieu de la place publique alors qu’ils étaient activement recherchés par tous les habitants. Qu’à cela ne tienne, Julenmi cassa la plaque, et Aloys et lui passèrent, et furent stupéfiés.

Il était midi. À cette heure-là, habituellement pleine à craquer, la place était déserte. Pas un enfant qui jouait, pas un paysan, pas une femme, pas un marchand. Personne.

Aloys et Julenmi se demandaient la raison de cette extraordinaire absence de monde. Ils marchèrent quelque peu pour deviner ce qui se passait, remarquant, au passage, que le séisme qu’ils avaient vécu dans la grotte avait aussi endommagé les rues et les bâtiments. Jamais, de mémoire d’homme, un séisme n’avait frappé leurs îles, et des scientifiques avaient même déterminé qu’il n’y en aurait jamais. Du moins, ils avaient prédit qu’il n’y aurait jamais de séisme de cause naturelle.

 

Un véhicule volant en forme de disque flottait au-dessus du pont de l’Union, là où tout avait commencé. Il formait une ombre circulaire sur le pont et sur une grande partie de la plage. En-dessous de lui, les mêmes douze navettes étaient posées de la même manière.

Aloys s’avança pour se renseigner, mais il se ravisa. La population se tenait serrée dans le cercle des navettes, avec, à son centre, sur une estrade, Dekkvin IV, pieds et mains liés, bâillonné, fouetté.

 

Un sentiment de colère s’empara des garçons, quand une voix grave retentit.

« Tiens, tiens. »

Julenmi s’apprêtait à répondre, quand une autre voix grave se fit entendre.

 

« Oui, comme vous le dites si bien : tiens, tiens. »

 

Chapitre 9  Chapitre 11

Date de dernière mise à jour : 01/09/2012

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