À l'abri des regards

Une nuit noire, sans lune ; du brouillard : on n’y voit pas à deux mètres devant soi.

Des conditions idéales pour un meurtre à l’abri des regards.

Monsieur Viÿl, grand patron d’une entreprise internationale, sort d’une réunion d’affaires avec de potentiels clients. Il est dix-neuf heures trente. Après avoir traversé le hall de sa société, le patron s’engage dans le parking où l’attend sa voiture avec chauffeur. Il se jette sur les sièges arrières, bien trop exténué pour s’y asseoir correctement. Le chauffeur démarre le véhicule pour conduire l’homme chez lui. Sorti du parking, il bifurque à droite ; somnolent, monsieur Viÿl ne remarque pas l’erreur ; soudain, il s’endort. « Parfait », pense le chauffeur, qui stoppe net la voiture au bord d’une mare. Ce qui lui passe par la tête ? On ne le sait pas. Certains disent qu’il est fou. Une détonation se fait entendre, puis un bruit d’homme que l’on jette à l’eau. Le riche homme est mort, tué par son meilleur ami, qui lui était dévoué depuis si longtemps, et qui, on peut maintenant le dire, est fou.

Des passants, attirés par le bruit, s’approchent de la mare où monsieur Viÿl finit ses jours. Le chauffeur avoue. La police arrive.

Les badauds préfèrent ne pas rester là.

Une nuit noire, sans lune ; du brouillard : on n’y voit pas à deux mètres devant soi. Un fou, une mort sur la conscience et la police aux trousses. Seul. Des conditions idéales pour un suicide à l’abri des regards.

 


Gabriel Zachsarowsky

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Date de dernière mise à jour : 10/08/2012

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